jeudi 19 août 2010

Le crime d'honneur, une tradition méconnue des chrétiens d'Orient

"Les chiffres sont révélateurs. Au Liban entre 1995 et 1998, Il y a eu 36 jugements sur des crimes d’honneur. Toutes les victimes étaient des femmes. Tous les assassins, des hommes, autant de chrétiens que de musulmans, qui ont bénéficié de circonstances atténuantes. Ils ont tous fini par purger quelques mois de prison puis ont été relâchés."

Source : http://liban.viabloga.com/news/le-crime-dit-d-honneur

"Partant d’un fait divers: le meurtre d’une jeune chrétienne jordanienne par son frère de 16 ans, pour cause de son mariage avec un musulman, Géraldine Chatelard essaye d’expliquer ce qu’il est convenu d’appeler un «crime d’honneur». La première explication qui se présente à l’esprit est le fait qu’un musulman pouvant épouser une chrétienne, alors qu’un chrétien ne peut épouser une musulmane (à moins qu’il se convertisse à l’islam), la communauté chrétienne risque de diminuer par le mariage de ses filles avec des musulmans (étant donné que la religion des enfants à naître sera celle du père). Mais pour G.C. l’inégalité de statut entre chrétiens et musulmans ne suffit pas à expliquer les crimes d’honneur (entre 25 et 50) qui sont commis chaque année en Jordanie. Elle constate, en effet, que musulmans et chrétiens jordaniens partagent la même culture tribale fondée sur l’honneur des hommes et que les chrétiens, malgré une certaine occidentalisation, ne remettent pas en cause l’organisation patriarcale de la famille, régie par le droit coutumier tribal qui transcende à la fois le droit musulman et le droit ecclésiastique. En conclusion, G.C. estime que la possibilité offerte aux chrétiens jordaniens d’invoquer l’honneur des hommes devant les tribunaux civils, les fait apparaître comme égaux aux musulmans."

Source : http://www.ifao.egnet.net/bcai/21/22/

"Les crimes d'honneur sont prévalents dans les pays de culture musulmane. Ce n'est pourtant pas dans l'Islam qu'il faut trouver la justification de leur pratique et de leur impunité. En Jordanie, on les trouve pareillement chez les musulmans et les chrétiens. A commencer par le mariage, les règles de comportement féminin édictés par les hommes sont des révélateurs de tensions sociales, en particuliers celles concernant les relations entre groupes religieux et lignagers, qui trouvent leur origine dans un ordre social patriarcal."

Source : http://ifporient.academia.edu/G%C3%A9raldineChatelard/Papers/98601/Honneur-chr%C3%A9tien-et-f%C3%A9minit%C3%A9--ou-le-mariage-%C3%A0-la-jordanienne

"Les prêtres n'admettent pas volontiers auprès des interlocuteurs extérieurs que les crimes dits "d'honneur" soient une pratique existant aussi dans leur communauté. Les curés latins disent qu'ils sont le fait des orthodoxes, et vice versa. C'est l'image de la communauté qui est en jeu, et sa "modernité"."

Source : http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/35/68/72/PDF/These_G._Chatelard.pdf

(p. 155, note 275)