mardi 26 octobre 2010

Egypte : la pratique primitive de l'excision chez les Coptes

"L’excision n’est pas liée à l’islam en Egypte, puisqu’elle est identiquement pratiquée chez les coptes chrétiens. Pour certains chercheurs, son apparition est antérieure au monothéisme."

Source : http://spark.pagesperso-orange.fr/excision.html

Consternante arriération culturelle des Coptes

Les coptes changent de confession pour divorcer

Article d'Al-Ahram Hebdo, par

Mirande Youssef

Une question qui bat toujours son plein et qui, jusqu’à présent, n’a trouvé de solution : le statut personnel copte, régissant les questions de mariage et de divorce et autres liens. A l’initiative des trois principales Eglises, à savoir orthodoxe, catholique et protestante, en 1978, un projet de loi comprenant 146 clauses, traitant de sujets tels que le divorce, la garde des enfants et les pensions. Or, depuis sa proposition, le projet attend d’être promulgué. Actuellement, l’Eglise copte orthodoxe n’autorise le divorce qu’en cas d’adultère. Mais la nouveauté dans le texte en question est que la conception de l’adultère y est élargie. Par exemple, la prise en flagrant délit n’est plus requise comme unique preuve d’adultère. L’adultère est admis dans d’autres cas de figure, comme par exemple la contamination par certaines maladies sexuelles. « La nécessité de promulguer ce projet de loi est que les chrétiens n’ont pas, jusqu’à présent, de législation qui réglemente les affaires du statut personnel, ce qui les pousse parfois à changer de confession pour pouvoir recourir aux lois musulmanes. Conséquence : l’Eglise refuse d’appliquer les verdicts des tribunaux, causant ainsi une grande confusion », explique Naguib Ghobrial, l’un des deux avocats qui ont intenté le procès. 

La seule référence régissant le statut personnel des chrétiens était une loi adoptée en 1938 par le conseil communautaire de l’Eglise copte orthodoxe, qui autorisait le divorce dans neuf cas de figure, dont l’adultère, le changement de rite ou de confession, la contraction d’une maladie grave par l’un des époux, l’emprisonnement de l’un des époux, l’homosexualité, l’absence de l’un des époux pour une durée qui dépasse 5 ans et l’agression physique sur l’épouse. « Le problème est que l’Eglise copte orthodoxe sous le pape Kyrollos VI, (1958-1970) et son successeur, le pape Chénouda III, a refusé de reconnaître cette législation du fait que, selon elle, les conditions du divorce ne sont pas toutes conformes aux consignes de l’Evangile », assure le père Morqos Aziz, de l’église Moallaqa, au Vieux-Caire.

En l’absence d’une loi régissant le statut personnel et face à l’intransigeance de l’Eglise en matière de divorce, de nombreux coptes changent de confession et demandent à bénéficier des lois musulmanes, comme la loi du kholea (qui donne à l’épouse le droit de divorcer à condition de renoncer à ses droits financiers). Le problème avec ce projet de statut personnel est qu’il peut être difficilement concilié avec la charia. « Une des clauses en question est celle qui donne le droit aux femmes dont les maris se sont convertis à l’islam d’obtenir le divorce. Alors que conformément à la charia, un homme musulman peut épouser une femme chrétienne ». Autre clause controversée est celle qui donne aux enfants dont le père s’est converti à l’islam le droit de garder leur confession d’origine jusqu’à l’âge de 15 ans après laquelle ils ont le droit de choisir entre les deux religions.

Or, selon la charia, les enfants mineurs suivent la religion du père. « Cette clause est très dangereuse car même si les enfants devenus musulmans suivant leur père, choisissent à l’âge de 15 ans de revenir à leur confession d’origine, ils sont considérés selon la charia comme étant des apostats », explique Youssef Sidhom, rédacteur en chef de l’hebdomadaire chrétien Watani.

Pour certains, la solution est de faire adopter un projet unifié pour tous les citoyens qui soit basé sur la citoyenneté. De l’autre côté de la barre, le député islamiste Akram Al-Chaër ne voit aucun inconvénient à ce que les chrétiens promulguent une loi qui les concerne. « Avant les années 1950, il y avait des tribunaux mixtes spéciaux pour les étrangers qui vivaient en Egypte. Ces tribunaux tranchaient les affaires selon les législations relatives aux pays de ces étrangers. Il n’y a aucun problème que les chrétiens jouissent de ce droit », assure Al-Chaër

Il en est de même pour le camp des droits de l’homme qui soutient les chrétiens dans leurs efforts. « La clause de la Constitution qui stipule que la charia est la source de toute législation concerne uniquement les musulmans. Les chrétiens ont le droit d’avoir leur propre statut qui correspond à leurs consignes religieuses. C’est leur simple droit », conclut Hafez Abou-Seada, président de l’Organisation égyptienne pour les droits de l’homme .
Source : http://ffje.unblog.fr/2008/12/27/les-coptes-changent-de-confession-pour-divorcer/

Racisme anti-arméniens chez les Maronites

Poussée raciste anti-arménienne des phalangistes libanais
par Thierry Meyssan*
Le parti phalangiste libanais d’Amine Gemayel a lancé une campagne anti-arménienne à laquelle les différentes composantes de la coalition gouvernementale se sont joins. La presse européenne, qui refuse de considérer les Phalanges pour ce qu’elles sont —c’est-à-dire un parti fasciste— et ne voit en elles que des alliés de « l’Occident », se tait. C’est d’autant plus lâche que les Libanais d’origine arménienne sont aujourd’hui les plus ardents défenseurs des principes républicains dans la communauté chrétienne.
10 août 2007
L’enjeu des élections partielles qui viennent de se dérouler le 5 août 2007 au Liban dépassait largement la simple désignation de deux députés : elles mettent en cause le fonctionnement des institutions dans cette période trouble, elles déterminent les rapports de force pour l’élection présidentielle à venir dans deux mois, et elles ont donné lieu à une vive poussée raciste anti-arméniens parmi les phalangistes.
Le gouvernement Siniora, qui se maintient au pouvoir en violation de la Constitution, avait illégalement convoqué deux élections législatives partielles pour remplacer les députés Walid Eido et Pierre Gemayel, tous deux assassinés. Logiquement, l’opposition aurait dû boycotter les deux scrutins, mais elle ne boycotta que celui de Beyrouth et décida d’utiliser celui de Metn pour évaluer les rapports de force au sein de la communauté chrétienne dans une circonscription presque uniquement chrétienne. Elle présenta donc un candidat inconnu du grand public, le docteur Camille Khouri, un médecin de campagne, étant entendu qu’il considérait lui-même la convocation électorale illégale et n’entendait pas siéger à l’Assemblée nationale s’il était élu. De son côté, la coalition gouvernementale présenta son meilleur candidat : l’ancien président de la République et président suprême à vie des Phalanges, Amine Gémayel, pour succéder à son fils.
Au-delà des liens claniques qui ont lourdement pesé sur le scrutin, les électeurs devaient choisir entre deux options politiques : d’un côté les Phalanges, favorables à un Liban exclusivement dominé par les chrétiens et allié à Israël contre les musulmans ; de l’autre le Courant patriotique du général Michel Aoun, favorable à un Liban laïque dans lequel tous puissent vivre également en paix sans tenir compte des appartenances communautaires.
C’est en définitive l’outsider Camille Khouri qui l’a emporté d’une courte tête. Cette gifle assénée au président d’honneur des Phalanges dans la circonscription historique de son clan met fin à son espoir d’être une nouvelle fois président du Liban. D’autant qu’Amine Gemayel avait personnalisé au maximum sa campagne accusant ceux qui ne voteraient pas pour lui de faire le jeu des assassins de son fils.
L’analyse sociologique et les celle des résultats électoraux font apparaître des choix différents parmi les chrétiens selon leurs Églises. Les maronites (c’est-à-dire des catholiques de rite oriental), qui représentent la moitié des chrétiens du Liban, auraient voté à 56 % pour le projet des Phalanges et à 44 % pour celui de l’opposition. Les fidèles de diverses autres Églises orientales, représentant un quart des chrétiens du Liban, auraient voté seulement à 42 % pour les Phalanges et à 58 % pour l’opposition. Les Libanais d’origine arménienne de l’Église apostolique orthodoxe, représentant le dernier quart des chrétiens du Liban auraient voté seulement à 20 % pour les Phalanges et à 80 % pour l’opposition.
En d’autres termes, les maronites seraient majoritairement favorables à un Liban où les chrétiens domineraient les musulmans, tandis que les chrétiens des autres Églises orientales seraient inversement favorables à un Liban laïque et républicain. Parmi ceux-ci, les plus attachés à la paix civile sont les citoyens d’origine arménienne, dont les familles sont arrivées au Liban en 1915 pour fuir le génocide.
Encore faut-il nuancer cette présentation des choses en soulignant que le vote arménien n’est pas un vote communautaire puisque cette communauté est divisée en trois partis défendant des idées politiques distinctes. Le Ramgavar (centre droit) apelait à voter Gemayel, tandis que le Henchak (centre gauche) et le puissant Tachnag (gauche libérale) appelaient à voter Khouri.
De son côté, la Phalange (en arabe Kataëb) fut créée en 1936 par Pierre Gémayel (le grand-père) dans l’esprit anti-républicain de la Phalange espagnole de José Antonio Primo de Rivera. Ces deux formations sont les deux derniers partis fascistes historiques toujours en activité, sans interruption depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, car s’ils étaient idéologiquement liés à l’Axe, ils ne participèrent pas à ses combats.
Même s’ils évitent d’en faire la publicité, les phalangistes restent partisans d’un pouvoir autoritaire qui assure la domination d’une élite maronite sur le reste de la population et entretiennent un culte de la violence. Ainsi, encore en janvier 2005, Pierre Gémayel (le petit-fils assassiné) fit l’éloge de la supériorité de la « race maronite » lors d’une réunion des Phalanges [1].
En 1948, lors de l’exode des Palestiniens fuyant les massacres en Israël, les Phalanges développèrent un racisme anti-Palestiniens qui culmina, en 1982, avec le massacre de Sabra et Chatila. Animées par la même logique, les Phalanges ont réagi au scrutin de dimanche par une diatribe anti-Tachnag (le parti arménien d’opposition), qui s’est vite transformée en poussée raciste anti-Arméniens dans laquelle elles ont entraîné leurs alliés.
Le soir même du scrutin, le président suprême à vie des Phalanges Amine Gemayel, accompagné du criminel de guerre Samir Geagea, tenta de rejeter le résultat du scrutin en déclarant qu’il avait été truqué par le parti Tachnag et que ses membres auraient des comptes à leur rendre. Il ne pouvait guère en dire plus, vu que le président exécutif des Phalanges, Karim Pakradouni, est lui-même d’origine arménienne.
Mais le pas fut vite franchi. Le lundi soir, au journal télévisé de la chaîne gouvernementale LBC, le chef du Parti socialiste progressiste et membre de l’Internationale socialiste, Walid Joumblatt [2], déclara que : « Les Arméniens doivent savoir que les Libanais ont droit à l’autodétermination ». Une manière brutale d’exclure les Libanais d’origine arménienne de la communauté nationale, bien que leurs familles soient arrivées au Liban avant que celui-ci ne soit indépendant. Dans la foulée, Nassib Lahoud, candidat à la présidence de la République soutenu par les États-Unis et l’Arabie saoudite, déclara que « Les Arméniens n’auraient pas dû intervenir dans un conflit entre chrétiens », insinuant que les Libanais orthodoxes d’origine arménienne ne seraient ni Libanais, ni chrétiens. Tandis que Gabriel Murr, patron de la chaîne de télévision MTV, déclara brutalement : « Ces Arméniens fraîchement naturalisés ont foutu la merde dans l’équilibre interne de notre pays ».

Les jours qui ont suivi ont été marqués par de nombreuses intervention des républicains en défense de leurs concitoyens d’origine arménienne, notamment celles du général Michel Aoun, de l’ancien député Mikhaël Daher, de l’ancien ministre Michel Murr (frère du précédent), et du prince Talal, président du Parti démocratique druze. Pour calmer le jeu, Amine Gemayel a rendu une visite au catholicos Aram Ier, primat de l’Église apostolique arménienne au Liban. Au Metn, des mesures ont été prises par les milices des partis républicains pour assurer la sécurité des Libanais d’origine arménienne.
Source : http://www.voltairenet.org/article150689.html