mercredi 21 décembre 2011

L'antisémitisme maronite : les cas significatifs de Neguib Azoury et de Richard Haddad

Leslie Stein, The hope fulfilled : the rise of modern Israel, Westport, Praeger, 2003, p. 110 :

"Au moment de sa sortie, le livre d'Azoury [Le réveil de la nation arabe dans l'Asie turque], écrit en français et publié à Paris, n'attira guère l'attention et fit peu, voire aucune vague. Il servit simplement de marqueur, montrant la manière dont les futurs nationalistes arabes verraient le problème. Ce qui est digne d'intérêt est le fait qu'Azoury était un farouche antisémite, qui annonçait l'écriture d'un livre exposant le "péril juif" pour le monde entier. A cet égard, il n'était pas typique des autres Arabes antisionistes des débuts, qui étaient prêts à faire une distinction entre sionisme et judaïsme."

Alice Kaplan, Intelligence avec l'ennemi. Le procès Brasillach, Paris, Gallimard, 2001, p. 296, note 10 :

"Richard Haddad, fondateur des Editions Godefroy de Bouillon, est un chrétien libanais de trente ans dont la carrière précoce a été marquée, entre autres, par la réédition, à Beyrouth d'un classique de l'antisémitisme datant de l'époque de Dreyfus, La France juive de Drumont. Proche de la rédaction de Présent, la branche catholique du Front national, il a été critiqué par certains membres du Front en raison de ses origines arabes. Il s'est récemment éloigné du Front national. Entretien avec Pierre-André Taguieff, juin 1998."

Voir également : Le rôle déterminant des chrétiens d'Orient dans l'émergence d'un nationalisme arabe séparatiste et xénophobe

L'accusation de crime rituel : l'antisémitisme calomniateur et lourd de conséquences des chrétiens d'Orient

En finir avec la vision idyllique du Liban chrétien

vendredi 16 décembre 2011

Le général Daoud Rajha, un boucher chrétien-orthodoxe aux ordres de Bachar el-Assad

Dawoud Rajiha
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General Dawoud Rajiha (Arabic: داوود راجحة‎), forename sometimes transliterated Dawood or Daoud, surname sometimes transliterated Rajha, is the Minister of Defense of the Syrian Arab Republic and a former chief of staff of the Syrian Arab Army.

Rajiha, a Greek Orthodox Christian,[2] was born in Damascus, the Syrian capital, in 1947. He was an artillery specialist in the military academy, from which he graduated in 1967. He attained the rank of lieutenant general in 1998 and made full general in 2005, a year after being made deputy chief of staff of the Syrian Army. After serving as the army chief of staff since Ali Habib Mahmud was named to head the Ministry of Defense in 2009, he was appointed to replace Mahmud as defense minister on 8 August 2011,[1] during the 2011 Syrian uprising.[2]
Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Dawoud_Rajiha

lundi 7 novembre 2011

Le rôle déterminant des chrétiens d'Orient dans l'émergence d'un nationalisme arabe séparatiste et xénophobe

François Georgeon, "Le dernier sursaut (1878-1908)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 534-535 : 

"(...) c'est d'abord dans les provinces arabes de l'empire que le sultan ['Abdül-Hamîd] craignait de voir surgir des tendances séparatistes. Très tôt il semble avoir soupçonné l'Angleterre de vouloir jouer la carte arabe contre le pouvoir ottoman. Or dès la fin de l'année 1876 commençait dans des journaux arabes publiés à Londres une véritable campagne en faveur d'un califat arabe. La thèse soutenue était que le califat avait été usurpé par les Ottomans et qu'il devait être restitué aux Arabes à qui il revenait de droit. Ces idées, défendues au début surtout par des Libanais chrétiens, avaient été reprises avec éclat par Wilfrid Scaven Blunt, poète et agent britannique, dans un ouvrage paru en 1881 et intitulé The Future of Islam.

Précisément, au moment où ces idées commençaient à être formulées en Europe, une certaine agitation gagnait les provinces arabes de l'empire. En 1880-1881, des libelles et des placards faisaient leur apparition à Beyrouth, à Alep, à Damas et à Bagdad, appelant les populations arabes à secouer la tutelle ottomane. Les observateurs constatent qu'une atmosphère hostile aux Turcs est en train de se développer, et 'Abdül-Hamîd y voit la main de l'Angleterre. D'abord restreint à un petit groupe de Libanais chrétiens, le thème du califat arabe ou même d'un Etat arabe va faire peu à peu son chemin. En 1902 paraissait au Caire La Mère des cités du Syrien al-Kawâkibi, ouvrage dans lequel l'auteur proposait un pouvoir uniquement spirituel dont le centre serait La Mecque (« la Mère des cités »). Quelques années plus tard, Neguib 'Azury [maronite] exposera l'idée d'un nationalisme arabe dans un livre en français intitulé Le Réveil de la nation arabe dans l'Asie turque.

C'est par rapport à ce danger, encore diffus, de séparatisme dans les provinces arabes qu'il convient surtout d'apprécier le « panislamisme » de 'Abdül-Hamîd. Il est un des éléments d'une politique que l'on peut dire « arabe », et qui cherchait à arrimer plus solidement les provinces arabes à l'Etat ottoman. La religion était un moyen parmi d'autres pour parvenir à cette fin. Pour répondre à l'idée du califat arabe, le sultan encourageait la publication d'ouvrages de propagande en arabe, défendant la légitimité du califat ottoman."

Voir également : Le règne du sultan ottoman Abdülhamit II (Abdul-Hamid II) : une "belle époque" pour les chrétiens d'Orient

dimanche 23 octobre 2011

Moyen-Age : les atrocités perpétrées par les chrétiens d'Orient engagés dans les rangs de l'armée mongole

Jean-Paul Roux, Un choc de religions : la longue guerre de l'islam et de la chrétienté, 622-2007, Paris, Fayard, 2007, p. 183 :

"Au sein de l'Empire mongol, essentiellement tolérant, les musulmans n'étaient pas opprimés en tant que tels, mais ils n'occupaient pas la place de choix qui revenait en grande partie aux chrétiens, alliés de Gengis Khan dès ses débuts, et relativement nombreux parmi les Mongols eux-mêmes. Les chrétiens du Proche-Orient, notamment les Alains du Caucase, les Géorgiens, les Arméniens, mais aussi les iranophones et les arabophones, avaient eu parfaitement conscience de la chance que leur apportaient les terribles conquérants et ils s'étaient ralliés à eux d'enthousiasme. Les Arméniens surtout furent efficaces. Tout ennemis qu'ils fussent des musulmans, peut-être l'étaient-ils plus encore des Byzantins, et les Mongols leur apparaissaient comme l'unique porte de salut."

Jean-Paul Roux, Histoire de l'Empire mongol, Paris, Fayard, 1993, p. 342 :

"La chrétienté orientale poussa un immense cri de joie [après la prise de Bagdad en 1258]. Il ne manquait pas de nestoriens dans l'armée mongole et les contingents d'Arméniens et de Géorgiens avaient pris une part non négligeable à la conquête de l'Iraq. En outre, l'épouse de Hülegü, Doquz Qatun, était elle aussi chrétienne et accordait sa protection au christianisme, à ses prêtres, à ses édifices : on prétend qu'elle veilla particulièrement aux uns et aux autres après la prise de Bagdad. Quant aux soldats chrétiens, leur présence sous les armes, leurs interventions auprès des chefs suprêmes en faveur de leurs coreligionnaires avaient eu pour conséquence que ceux-ci avaient presque toujours été épargnés. En compensation, on s'était davantage acharné contre l'Islam, qui semblait seul visé par la campagne."

Jean-Paul Roux, L'Asie centrale. Histoire et civilisations, Paris, Fayard, 1997, p. 323 :

"Les alliés chrétiens des Mongols, les Arméniens surtout, qui aux jours de l'invasion [mongole] s'étaient déchaînés contre les musulmans, qui avaient pillé et brûlé les mosquées, cherchaient par tous les moyens à nuire à l'islam. Quand, en Iran, dans la Horde d'Or, au Djaghataï, les souverains finirent par passer à la religion des Arabes, plus encore quand la domination mongole s'écroula, les chrétiens furent considérés comme des traîtres et les musulmans se vengèrent de tout ce qu'ils leur avaient fait subir."

Voir également : Les chrétiens d'Orient : victimes ou massacreurs ?

vendredi 21 octobre 2011

L'accusation de crime rituel : l'antisémitisme calomniateur et lourd de conséquences des chrétiens d'Orient

Pierre-André Taguieff, La judéophobie des Modernes : des Lumières au jihad mondial, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 294 :

"L'accusation de crime rituel, d'origine européenne, païenne puis chrétienne, a été acclimatée au cours du XIXe siècle au Moyen-Orient, à travers
plusieurs affaires dues à des accusateurs chrétiens, puis intégrée au XXe dans le discours antijuif du monde arabo-musulman. Selon Bernard Lewis, on ne trouve pas trace dans le monde musulman de « cette forme particulière de calomnie antijuive durant toute la période classique ». L'historien en repère les premières manifestations en terres d'islam au cours de la seconde moitié du XVe siècle, mais elles restent jusqu'à la fin du XIXe siècle le fait des milieux chrétiens : « Sa première apparition date du règne du sultan ottoman Mehmed le Conquérant et eut presque certainement pour origine l'importante minorité grecque-orthodoxe issue de l'empire Byzantin, où de telles accusations étaient monnaie courante. Elles demeurèrent sporadiques sous les Ottomans et furent régulièrement condamnées par les autorités. Ce n'est qu'au XIXe siècle que, prenant les proportions d'une véritable épidémie, elles se répandirent dans tout l'Empire, allant parfois jusqu'à déclencher des émeutes populaires. » C'est au début du XXe siècle que les accusations de meurtre rituel lancées régulièrement par les communautés chrétiennes dans le monde musulman commencent à être reprises par les milieux musulmans eux-mêmes. En 1910, l'un des premiers signes de l'islamisation de l'accusation surgit en Iran, lorsqu'un pogrom est déclenché à Chiraz dans le quartier juif par des rumeurs de crime rituel : les accusateurs sont musulmans, comme la jeune victime supposée, une petite fille de quatre ans. Le pogrom fait 12 morts et plus de 50 blessés parmi les Juifs de Chiraz, lesquels, au nombre de 6 000, sont dépouillés de tous leurs biens."

Henri Nahum, "Portrait d'une famille juive de Smyrne vers 1900", in Paul Dumont et François Georgeon (dir.), Vivre dans l'Empire ottoman : Sociabilités et relations intercommunautaires (XVIIIe-XXe siècles), Paris, L'Harmattan, 1997, p. 166-167 :

"(...) collectivement les relations [des Juifs] avec les communautés grecque et arménienne sont souvent conflictuelles. Périodiquement, aux alentours de la Pâque juive, la communauté juive est accusée d'avoir assassiné un enfant chrétien pour mêler son sang au pain azyme. Des émeutiers grecs et arméniens font irruption dans le quartier juif, molestent les passants, cassent les devantures des magasins, pillent les marchandises. On a beau retrouver quelques jours plus tard l'enfant disparu qui en général a fait une fugue, rien n'y fait : la calomnie de meurtre rituel renaît l'année suivante. A Smyrne, il y a eu des incidents analogues en 1888, 1890, 1896. Quelques mois après la photographie qui fait l'objet de cet article, en mars 1901, un jeune Grec disparaît. La foule envahit le quartier juif, conspue l'archevêque orthodoxe qui essaye de calmer les émeutiers, monte au clocher de l'église et sonne le tocsin. Le vali (gouverneur) rétablit le calme et ordonne un procès. On retrouve le jeune garçon disparu qui était allé passer quelques jours à Tchechmé chez des amis. Au procès, les avocats grecs, tout en essayant de défendre leurs clients, condamnent la calomnie de meurtre rituel. A ce procès est directement mêlé le fiancé de l'une des jeunes filles Mizrahi, qui en fait la chronique."

mardi 11 octobre 2011

Egypte : trois soldats tués par balle par des manifestants coptes

"Trois soldats ont été tués par balle dimanche lors d'une manifestation au Caire de Coptes (chrétiens d'Egypte) qui protestaient contre l'incendie d'une église, a affirmé la télévision publique.
"Trois martyrs et des dizaines de blessés parmi les soldats de l'armée, après avoir été visés par des tirs de manifestants coptes devant le bâtiment (de la télévision publique à) Maspero", a indiqué la chaîne dans un bandeau."

Source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/egypte-violences-lors-d-une-manifestation-copte-au-caire-3-soldats-tues-09-10-2011-1645746.php

Un blindé de l'armée égyptienne a été également attaqué par des manifestants coptes :

samedi 1 octobre 2011

Les conséquences néfastes de l'instrumentalisation des chrétiens d'Orient par les grandes puissances

Georges Corm, La Méditerranée, espace de conflit, espace de rêve, Paris, L'Harmattan, 2001 :

"Le bilan de l'action des puissances européennes visant à protéger les "minorités" chrétiennes et à tenter de les doter de structures étatiques, est donc pour le moins mitigé. La protection a directement entraîné un déclin démographique redoutable, voire dans certains cas et dans certains lieux une quasi disparition des communautés chrétiennes (grecs et arméniens en Anatolie et en Cilicie, Assyriens en Irak). Cette disparition est due soit à des massacres, lorsque ces communautés ont été armées par les puissances européennes avec promesse de constitution d'Etats, soit à l'émigration vers les pays européens et les Amériques." (p. 82)

"La protection des minorités amène au développement de tout un courant d'idées qui n'envisage la liberté politique qu'à partir d'un socle collectif communautaire. Ce n'est point la liberté individuelle qui est prônée, permettant de réaliser l'égalité des citoyens de toutes les confessions ; c'est la liberté collective d'une communauté vis-à-vis du pouvoir central, considéré exclusivement dans ses racines islamiques. Il y a dans toute la littérature européenne du XIXe siècle sur la « Question d'Orient » une confusion presque totale entre communauté religieuse et « nation » au sens ethnique étroit du terme, voire même parfois au sens racial. S'installe ainsi une forte méfiance entre communautés musulmanes souvent ignorées et méprisées des puissances européennes et communautés non-musulmanes locales, essentiellement chrétiennes, qui font l'objet de toute l'attention et la sollicitude des puissances européennes dans toutes les possessions ottomanes ; ces dernières sont transformées en communautés « clientes » des puissances et leur servent de véhicule de pénétration culturelle et économique, voire même militaire dans certains cas. Certaines communautés payeront cher cet appui, comme cela sera le cas, par exemple, pour les Arméniens ou les Assyriens d'Irak, qui feront l'objet de représailles violentes s'apparentant au génocide." (p. 99-100)

Voir également : Georges Corm, un Maronite nostalgique de l'Empire ottoman

lundi 5 septembre 2011

Le christianisme assyro-chaldéen/syriaque à Mardin

Jean-Paul Roux, Un choc de religions : la longue guerre de l'islam et de la chrétienté, 622-2007, Paris, Fayard, 2007, p. 394-395, note 8 du chapitre XVIII :

"La disparition du christianisme est particulièrement remarquable dans une province comme celle de Mardin en Turquie : elle peut découler de la mésentente qui règne entre les diverses Eglises, du grand isolement d'une communauté très sollicitée par l'Occident, et encore de l'insécurité due à l'insurrection kurde. Pourtant, en décembre 2006, la consécration d'un évêque syriaque dans cette province peut être un magnifique signe de résurrection dans le Sud-Est anatolien. On y parle de retours d'exil, de conversions. La cérémonie a au moins donné le spectacle d'une réelle fraternité entre les Eglises et d'un concours de fidèles venus des pays voisins et du bout du monde."

Voir également : Sud-est de la Turquie : le gouvernement turc tente de protéger les chrétiens de Tur Abdin des attaques kurdes (notamment du PKK et du Hizbullah kurde)

vendredi 2 septembre 2011

Les persécutions des Araméens et des Coptes par les Byzantins

Robert Mantran, L'expansion musulmane (VIIe-XIe siècles), Paris, PUF, 1979, p. 103-104 :

"Entre la Syrie et la basse Mésopotamie s'étendait la Mésopotamie proprement dite, alors encore aux mains des Byzantins. Là aussi ceux-ci étaient en difficulté : la population araméenne, de religion monophysite, était persécutée par les Grecs ; des Arabes étaient venus s'y établir ; si bien que les conquérants musulmans furent accueillis sans hostilité. (...)

En 628, les Grecs avaient repris l'Egypte aux Sassanides et l'empereur Héraclius en avait donné le commandement au patriarche d'Alexandrie, Cyrus. Or la province était en proie à de profondes dissensions, car la population, copte dans une large majorité, supportait mal l'oppression religieuse du patriarche qui voulait la ramener dans le giron de l'Eglise orthodoxe ; en outre elle était accablée par les agents du gouvernement qui percevaient sur elle au maximum impôts et blé destiné au ravitaillement de Constantinople. Aussi l'arrivée des Arabes fut-elle, comme en Syrie, accueillie favorablement."

samedi 25 juin 2011

La place des chrétiens d'Orient dans les révolutions jeune-turque et kémaliste

Arméniens :

Pierre Anmeghian : contributeur du journal jeune-turc Mechveret Supplément Français sous le pseudonyme d'Ottomanus.

Agop Bey Cherbetgian : directeur du journal La Jeune Turquie à Paris.

Bedros Haladjian : juriste, membre du CUP (Comité Union et Progrès), ministre des Travaux publics en 1910 et député d'Istanbul en 1912.

Babiguian Efendi : membre du CUP, député de la ville d'Edirne en 1912.

Artin Bosgezenian : membre du CUP, député de la ville d'Alep en 1912.

Oskan Mardikian : membre du CUP, ministre des Postes en 1913.

Agop Boyacıyan : professeur à l'Université d'Istanbul, un des membres fondateurs de l'association turcologique Türk Derneği.

Andon Tıngır : membre de la Türk Derneği, contributeur de son journal homonyme sur les questions linguistiques.

Bedros Kapamajian : proche du CUP, maire de la ville de Van en 1909, assassiné par le Dachnak en 1912.

Berç Türker Keresteciyan : directeur adjoint, puis directeur général de la Banque ottomane durant la Première Guerre mondiale, président d'honneur de l'Association pour l'Amitié turco-arménienne dans les années 20, député de la ville d'Afyon (1935-1946).

Karabet Devletliyan : personnalité pro-kémaliste.

Agop Dilaçar : né Agop Martayan, linguiste et secrétaire général de l'association Türk Dil Kurumu.


Grecs-orthodoxes :

Aristidi Efendi : contributeur du journal jeune-turc Mechveret Supplément Français.

Salim Sarkis : Jeune-Turc exilé en Europe.

Pavlos Karolidis : député indépendant d'Izmir en 1908 et 1912, proche du CUP.

Khalil al-Sakakini : enseignant, membre de la branche du CUP à Jérusalem.

Yusuf Sursuq : de Beyrouth, sénateur à la Chambre des notables des provinces arabes, nommé par le CUP en 1914.

Nikola Taptas : médecin, membre du CHP, député d'Ankara (1935-1943).

İstamat Zihni Özdamar : membre du CHP, député de la ville d'Eskişehir (1935-1946) et administrateur de l'hôpital de Balıklı.

Mihal Kayakoğlu : membre du CHP, député d'Ankara (1943-1946).

Nikola Fakaçelli : médecin, membre du CHP, député d'Istanbul (1946-1950).


Assyro-Chaldéens :

Najib Hindi : Jeune-Turc exilé en Europe.


Maronites :

Khalil Ghanim : contributeur du journal jeune-turc Mechveret Supplément Français, porte-parole du CUP lors du congrès parisien de 1902.

Sulayman Bustani : ministre du Commerce et de l'Agriculture en 1913, membre de la délégation du CUP envoyée à Paris pour négocier avec le Parti de la Décentralisation arabe en juin 1913.


Melkites :

Nadra Mutran : auteur de Réflexions d'un vieux Jeune-Turc (1908), un des fondateurs de la Société de la Fraternité arabo-ottomane à Istanbul en 1909.


Arabes catholiques :

Amin al-Antaki : Jeune-Turc exilé en Europe.

Le règne du sultan ottoman Abdülhamit II (Abdul-Hamid II) : une "belle époque" pour les chrétiens d'Orient

François Georgeon, Abdülhamid II : le sultan calife (1876-1909), Paris, Fayard, 2003 :

"A l'âge des nationalismes, et au moment même où Abdülhamid cherche à s'appuyer sur la communauté musulmane, l'Empire ottoman affirme, plus que jamais, sa vocation multinationale. Si l'on replace le phénomène dans la longue durée et à l'exception des Arméniens d'Anatolie orientale, la fin du XIXe siècle constitue une « belle époque » pour les communautés non-musulmanes. Leur apogée est d'abord démographique. Jamais les Arméniens et les Grecs n'ont été aussi nombreux. Les pertes territoriales de 1877-1878 ont accentué le caractère musulman de l'Etat ottoman, certes, mais dans le même temps, la proportion des Arméniens et des Grecs a, elle aussi, sensiblement augmenté. Dans les années 1880, ceux-ci représentent 21 % de la population. Et parce qu'ils ont été touchés plus tôt par la « révolution démographique », leur taux d'accroissement est supérieur à celui des musulmans.

Pour ces communautés, c'est aussi l'apogée sur le plan de l'organisation communautaire. En effet, le règne d'Abdülhamid marque le sommet de l'autonomie des millet : les communautés continuent à jouir de leurs privilèges d'autonomie dans le cadre de la réforme des institutions modernisées au début des années 1860, à l'époque des Tanzimat, au profit des élites laïques ; elles possèdent leurs propres institutions communautaires, leurs paroisses, leurs écoles, leurs tribunaux, leurs propres taxes. En contribuant à séculariser les millet, en réduisant le pouvoir du clergé et des religieux au sein des communautés au profit des laïques, les hommes d'Etat des Tanzimat espéraient affaiblir leur identité, et rendre possible, par le biais de ces nouvelles élites sécularisées, la création d'une « nation ottomane ». Ces calculs se sont révélés faux : si la religion a été le conservatoire de la nationalité, c'est le plus souvent au sein de ces nouvelles élites (enseignants, avocats, médecins, commerçants, journalistes) qu'ont été recrutés les pionniers du nationalisme. (...)

En même temps que les communautés profitent du système d'autonomie, elles bénéficient aussi de la protection assurée par les consuls et de la modernisation de l'Etat. L'Etat leur assure, en principe, davantage d'égalité et de sécurité. La liberté religieuse (c'est-à-dire en fait le droit de changer de religion) a été proclamée ; les interdits vestimentaires ont été supprimés ; de même, les confiscations, normalement, n'existent plus ; et les formules injurieuses, adressées aux chrétiens et aux juifs, sont en principe interdites. Certes, la situation est loin d'être parfaite, la stigmatisation n'a pas disparu. Mais il reste que la « violence symbolique » dont étaient victimes les non-musulmans a quelque peu diminué. Les communautés ne sont pas « allogènes » dans l'Empire ; il n'y a pas de numerus clausus dans les écoles ni, en principe, de restriction aux déplacements de telle communauté, tel que le pratique au même moment l'Empire des tsars. Abdülhamid lui-même respecte le cadre communautaire, il ne part pas en guerre contre les millet, même si, dans certains domaines, il voudrait les contrôler davantage. C'est le cas pour les écoles ; c'est le cas aussi pour les prérogatives judiciaires des différents clergés, qu'il cherche à limiter mais sans succès." (
p. 321-322)


François Georgeon,
"Le dernier sursaut (1878-1908)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989 :

"(...) l'expansion économique et culturelle de l'Europe dans l'empire s'accompagne de l'ascension des minorités non musulmanes, surtout des Grecs et des Arméniens. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle constituent pour cette bourgeoisie nouvelle un véritable âge d'or. Déjà, la proportion des non-musulmans est plus forte dans les villes. Ils représentent en effet le tiers de la population urbaine et seulement le cinquième de la population totale de l'empire. Mais c'est parmi eux que se recrutent les commerçants, hommes d'affaires, entrepreneurs. A Izmir, on voit se constituer cette classe sociale dans le dernier quart du XIXe siècle. Alors qu'auparavant Grecs et Arméniens se contentaient de servir d'intermédiaires et d'agents aux firmes commerciales anglaises, ils commencent à fonder leurs propres maisons de commerce et à se lancer dans l'import-export. Dès 1893, on dénombre 97 maisons de commerce appartenant à des Grecs et à des Arméniens d'Izmir, et 34 à Aydïn. Cette mainmise sur les activités commerciales et économiques ne concerne pas que les régions côtières : dans le même temps à Ankara, les Grecs ont accaparé le commerce de la laine angora, et les Arméniens contrôlent le commerce de transit. Représentant le tiers de la population de la ville, ils ont la haute main sur toutes les activités commerciales.

La position des Grecs et des Arméniens est désormais dominante dans le commerce extérieur, mais aussi dans les activités bancaires et industrielles. Le premier « recensement » industriel de l'Empire ottoman, réalisé en 1913-1915, confirmera cette tendance : 50 % du capital investi dans les établissements industriels recensés sont aux mains des Grecs, 20 % appartiennent à des Arméniens, 5 % à des juifs. Le reste se partage entre les étrangers (10 %) et les Turcs (15 %). Autrement dit, à la veille de la Première Guerre mondiale, les trois quarts du capital industriel sont contrôlés par les Ottomans non musulmans." (
p. 552-553)


Hasan Kayali, Arabs and Young Turks : Ottomanism, Arabism, and Islamism in the Ottoman Empire, 1908-1918, Berkeley-Los Angeles-Londres, University of California Press, 1997 :

"Un des principaux plénipotentiaires qu'Abdülhamid envoya en Europe pour contacter les Jeunes-Turcs et les convaincre était Najib Malhama, son chef de la sécurité chrétien libanais. Le choix de Malhama avait indubitablement un rapport avec le grand nombre d'Arabes, principalement chrétiens, parmi les Jeunes-Turcs en Europe." (p. 44)

"Le sultan employait des Arabes chrétiens à son service (plutôt que des membres de groupes chrétiens moins dignes de confiance) pour démontrer qu'il n'abandonnait pas la population non-musulmane de l'empire." (p. 224, note 192)

mardi 3 mai 2011

Liban : le conflit opposant Maronites et Arméniens

Régina Sneifer-Perri, Guerres maronites : 1975-1990, Paris, L'Harmattan, 1995, p. 31-33 :

"Avec la guerre du Liban, « les arméniens retrouvèrent immédiatement les vieux réflexes de cohésion, de regroupement et de fermeture aux autres, que la période 1965-1975 avait éclipsés ». « Notre histoire propre nous a appris que les luttes intestines affaiblissent la Nation et la cause nationale » explique le Catholicos Karékine Sarkissian.

« Dès le début de la guerre, les trois partis rangés derrière le Dachnag établirent une plate-ferrite d'action politique et militaire commune baptisée du nom de « neutralité positive » (...). Ils décidèrent de ne jamais intervenir dans le conflit, ni aux côtés des chrétiens, ni, bien entendu, aux côtés des palestino-progressistes et de limiter Faction de leurs miliciens à des tâches de stricte autodéfense et de surveillance des quartiers arméniens (c'est-à-dire essentiellement Bourj-Hammoud, qui devint le lieu de repli de tous les arméniens de Beyrouth). A cette fin, le Dachnag rompit son alliance avec le parti Kataëb. Cette initiative, cependant, étonna compte tenu de la position strictement pro-gouvernementale et anti-palestinienne à la veille de la guerre ». Neutralité positive que le Catholicos Sarkissian préfère appeler « engagement positif non militaire » pour que la neutralité ne soit pas comprise dans le sens d'indifférence.

Le 10 septembre 1979, alors que Bachir Gemayel, chef des Forces libanaises, tentait de réorganiser la « résistance chrétienne » et d'unifier, non sans mal, les armes, des combats violents se déroulèrent dans la zone de Bourj-Hammoud entre les miliciens Kataëb et ceux du P.N.L. d'un côté et les groupes armés arméniens de l'autre. A la suite de ces événements qui ne dureront que trois jours, le parti arménien, Dachnag, publia un communiqué le 11 septembre dans lequel il confirma qu'une « politique de harcèlement d'obliger les arméniens à changer leur politique de neutralité positive ».

Dans « l'autre camp », le langage fut différent. L'éditorial du quotidien « Le Réveil », organe des Kataëb, d'expression française, commenta sans ménagements : « La communauté arménienne, en tant que groupe confessionnel, ne saurait se dire étrangère à l'ensemble des communautés chrétiennes du Liban. Elle est chrétienne et elle n'aurait pas été là si elle ne l'avait pas été (...). On ne peut pas être libanais et chrétien et ne pas être contre Kadhafi, contre les Palestiniens et contre le complot qui vise à chasser les chrétiens de ce pays ». (...)

En réalité Bachir Gemayel ne demandait pas plus qu'un « engagement tacite à l'égard de sa ligne politique », révéla Joseph Abou Khalil dans son livre. A ces affrontements, il donna aussi des explications géographiques : « Demeurait en dehors [de l'autorité militaire de Bachir], la région du Metn, par l'interdiction de son frère Amine qui contesta le monopole du pouvoir que se réservait Bachir et s'y opposa jusqu'au dernier moment. Même la région de Bourj-Hammoud, à la dense population arménienne, avait une certaine autonomie administrative. Elle est une extension de la région du Metn, forme une sorte de tampon entre celle-ci et le reste des régions-Est. Cela explique l'affrontement armé qui eut lieu entre les Kataëb et les groupes arméniens affiliés au parti Dachnag ».

D'un autre côté, certains milieux bien informés affirmèrent que le fond du problème était financier et résidait dans le refus des arméniens, « les plus riches du Liban », de payer des taxes a la milice des Forces libanaises (F.L.). « Le Liban est-il uniquement un marché boursier, un commerce lucratif, un appartement meublé et un pont sur lequel on passe pour aller au-delà des mers ? » 

Les événements du 10 septembre furent vite circonscrits et les affrontements cessèrent après trois jours. Mais, certains arméniens continuèrent de bouger sur le plan international, cherchant à mettre en échec l'exécution de ce qu'ils appelaient « le plan d'élimination des arméniens au Liban ». Les Kataëb et le P.N.L. continuèrent à dénoncer « la volonté autonomiste de la communauté arménienne au Liban qui a toujours refusé de s'intégrer à la Nation ». Il faut signaler à ce sujet que les considérations des arméniens étaient forcément différentes de celles des maronites. La diaspora arménienne est présente dans tout le Moyen-Orient et spécialement en Syrie. Ainsi une prise de position « aventureuse » des arméniens du Liban mettait nécessairement en danger leur coreligionnaires syriens ou libanais vivant dans le secteur musulman de la capitale."


Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 77-79 :

"(...) décidés à faire plier la FRA [Fédération révolutionnaire arménienne], dont les attentats du CJGA se sont étendus au Canada, où le colonel Attila Altikiat, attaché militaire turc à Ottawa, est assassiné le 27 août 1982, les Etats-Unis participent le 28 décembre 1982, à Beyrouth, à l'enlèvement, d'Apo Achdjian, chef présumé du Conseil militaire dachnak et n° 2 du CJGA.

Coup dur pour la FRA, qui s'agite dans tout Beyrouth et interpelle chancelleries occidentales et ONG pour retrouver son chef militaire et dénoncer « le terrorisme d'Etat de la Turquie du général Evren responsable du kidnapping ». L'enlèvement d'A. Achdjian a trop longtemps été présenté comme le résultat d'une « division interne entre l'aile droite du Parti (Maroukhian-Zeitlian) contre l'aile gauche (Achdjian) ». Cette version relève, sinon de la méconnaissance du phénomène dachnak, du moins de la provocation. Les auteurs de cette thèse, des chercheurs turcs et américains, créent de cette manière la zizanie au sein de la FRA et font porter le chapeau de cet enlèvement au bras politique du Parti. Depuis quand H. Maroukhian incarne-t-il la droite du Parti aux côtés de S. Zeitlian, alors qu'il est avec A. Achdjian favorable à la poursuite du terrorisme ? Au-delà du fait qu'elle affaiblit le CJGA, l'affaire Achdjian serait le résultat d'un complot mené par la CIA, le MIT [service de renseignements turc], le Mossad et les Phalangistes de B. Gemayel et préparé en pleine invasion israélienne au Liban. Malgré un démenti du gouvernement turc dans cette affaire, son service secret, le MIT, coopère avec les services de renseignements israéliens, eux-mêmes en relation avec le Kataëb. A. Achdjian a été enlevé à Beyrouth-Est, dans une zone sous contrôle phalangiste, ce qui impliquerait au moins la passivité des services de sécurité du Parti maronite. Selon la FRA, B. Gemayel, instigateur potentiel de l'enlèvement, veut la faire payer pour sa neutralité positive dans le conflit libanais. Fadi Frem, commandant général des Forces libanaises, opposées au parti Kataëb, corrobore cette thèse en déclarant que « l'enlèvement le 28 décembre 1982 d'A. Achdjian est l'œuvre des services secrets turcs qui avaient agi très habilement ». (...) 

Alors que les députés sunnites boycottent l'élection de septembre 1982, les députés dachnaks assurent une présence de principe à l'élection présidentielle gagnée par B. Gemayel, l'homme de l'opération antiarménienne de 1979. Mais opposée à l'élection de l'ex-président C. Chamoun, profanateur du monument dédié au génocide arménien de Bikfayah, la FRA croit qu'il existe toujours un Etat libanais, même à ces heures les plus noires de la guerre civile. N'ayant, à ses yeux, pas le choix, la FRA apporte ses voix à la victoire de B. Gemayel. La constitution a ses contraintes que la neutralité positive n'est pas en mesure de régler. Après l'assassinat du nouveau président en septembre 1982 et les massacres de Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila, l'élection d'A. Gemayel à la présidence de la République accélère la création d'un réduit maronite à l'est de Beyrouth."

jeudi 21 avril 2011

Georges Corm, un Maronite nostalgique de l'Empire ottoman

Georges Corm a été ministre des Finances de la République libanaise (1998-2000) :

"Je partage l’idée d’Hubert Védrine : la Méditerranée est une mer conflictuelle. Je dirai même que la Méditerranée de type impérial, celle de l’Empire romain d’Occident puis d’Orient, des Grecs, apparaît peut-être plus sympathique à notre imaginaire romantique. C’est aussi vrai de la Méditerranée de l’Empire ottoman où on pouvait circuler d’un pays à l’autre sans visa ni passeport. Dans son remarquable livre « Vidal et les siens », Edgar Morin a raconté que son père, arrivé à Marseille au début du XXème siècle, ne s’habituait pas à l’idée de frontière, à l’idée que, pour sortir de France, il lui fallait présenter un passeport. À une époque, les Arabes, eux aussi, ont fait de la Méditerranée un grand espace incluant une grande partie de la péninsule ibérique. (...)

La ligne de fracture en Méditerranée n’est pas imputable à l’islam, elle a d’abord été purement temporelle. On se souvient des affrontements entre Romains et Carthaginois, puis entre Empire romain d’Orient et Empire romain d’Occident et à l’intérieur même du monde chrétien, puisque plus tard sera consacré le schisme entre l’Eglise orthodoxe et celle de Rome. C’est de l’intérieur de la Méditerranée que vient cette énorme rupture. On attribue la ligne de fracture à l’arrivée de l’islam, que ce soit l’islam turc qui, par deux fois, fut sur le point de faire tomber Vienne ou l’islam arabo-maghrébin qui réalisa l’Andalousie. Nous oublions que notre rive de la Méditerranée a toujours pratiqué la double et même la triple culture, en tout cas jusqu’au début du colonialisme – ou jusqu’à l’arrivée des Turcs, on peut en débattre. À Beyrouth au VIème siècle, on parlait l’araméen, la langue du peuple, la langue du Christ. Mais les élites connaissaient le grec et le droit était enseigné en latin dans une des écoles les plus prestigieuses de l’empire Byzantin. L’Empire ottoman a été un formidable empire gréco-turc, arménien et arabe. J’ai consacré tout un ouvrage à montrer comment l’idée de l’État-nation moderne, arrivée un peu comme un éléphant dans un jeu de quilles, a, sur son passage, peu à peu réduit ces très grandes diversités culturelles, ethniques, religieuses. Nous en voyons hélas une illustration dans l’Irak occupé par les États-Unis, notamment avec le sort des Chrétiens."

Source : http://www.fondation-res-publica.org/Faire-souffler-l-esprit-republicain_a543.html

mercredi 9 mars 2011

Fourberie levantine : l'investissement des soi-disant "experts" maronites dans la diabolisation médiatique de l'islam

Mouloud Haddad, "Vincent Geisser, La nouvelle islamophobie", Archives de sciences sociales des religions, n° 134, avril-juin 2006 :

"Dans son premier chapitre « Islamophobie médiatique ; les journalistes et les intellectuels en question », l'auteur s'en prend ouvertement à ce qu'il appelle les « intellectuels médiatiques » largement responsables de la « diffusion et la banalisation de l'islamophobie au sein de la société française ». Pour V. Geisser, si les journalistes, notamment depuis la révolution khomeiniste de 1979, ne créent pas de l'islamophobie, ils « contribuent à la banaliser sous couvert d'investigation approfondies » en véhiculant clichés et stéréotypes du fait musulman présenté le plus souvent comme « une altérité radicale et conflictuelle ». Ainsi, l'auteur cite pêle-mêle les unes alarmistes des grands hebdomadaires hexagonaux (Marianne voilée du Figaro Magazine en 1985 ou jeune fille en tchador du Nouvel Observateur en 1989) ou « la traque » des télévisions d'une « prétendue réaction musulmane » aux attentats du 11 septembre 2001 « comme si les musulmans de France se devaient d'avoir nécessairement un avis sur Ben Laden ou les évènements en cours ». Mais le sociologue est plus irrité encore par le fait que les « intellectuels médiatiques » comme Alain Finkielkraut, Jean-François Revel ou Alexandre Adler, ont réussi à décrédibiliser et à marginaliser la parole des chercheurs spécialistes de l'islam, qu'ils soient islamologues, sociologues ou politologues, accusés d'angélisme et de ne pas avoir su prévoir le 11 septembre 2001.

Cette mise à l'écart des universitaires a permis la promotion médiatique d'experts sécuritaires – Antoine Basbous, Antoine Sfeir, Alexandre Del Valle ou Frédéric Encel – dont la notoriété s'appuie, sur un « prétendu réalisme » face au danger d'islamisation des banlieues hexagonales. Ces « nouveaux experts de la peur », dont il est question tout au long du deuxième chapitre, sont devenus, au grand regret de l'auteur, « les figures de références en matière d'islam et d'islamisme »."

samedi 5 mars 2011

Deux criminels de guerre assyro-chaldéens de la Première Guerre mondiale : le patriarche Mar Shimoun et le "général" Agha Petros

Stéphane Yerasimos, "Caucase, la grande mêlée (1914-1921)", Hérodote, n° 54-55, 4e trimestre 1989, p. 158-161 :

"Devant les nouvelles de la révolte de Van, les détachements arméniens accélèrent leurs préparatifs et quittent Erivan le 28 avril [1915]. Trois jours plus tard, Halil Bey se trouve à Dilman, au nord de l'Ourmia, face au premier détachement arménien, celui d'Antranik. Le lendemain, la bataille est encore indécise, quand le commandant turc reçoit un télégramme lui annonçant la révolte de Van et la nécessité de rentrer pour protéger la route de Mossoul à travers Bitlis. Le temps que Halil Bey arrive à Bitlis avec une armée en très mauvais état, harcelée le long du parcours par les Kurdes, les détachements arméniens entrent à Van le 18 mai et entreprennent le « nettoyage » des rives du lac. En même temps une colonne russe se dirige à travers Baskale vers le pays nestorien et, cette fois-ci, Mar Shimoun semble convaincu de participer au front chrétien qui doit courir du Caucase à Mossoul. Des membres de la communauté nestorienne [assyro-chaldéenne], très importante dans cette ville, hésitant à suivre le patriarche à cause de la proximité des Turcs, sont assassinés par ses émissaires.

Devant l'aggravation de la situation, les Turcs, en agitant le danger chrétien, arrivent à rallier les Kurdes et reprennent progressivement les bords du lac Van. Le 4 août, les Russes doivent quitter Van et évacuer sa population arménienne. En été 1915, la situation revient au point de départ, mais 300 000 Arméniens sont réfugiés dans le Caucase et se trouvent entassés dans des conditions dramatiques autour d'Erivan, tandis que les déportations continuent sur tout le reste de l'Anatolie. De leur côté, les Nestoriens, pressés au nord par les Kurdes et au sud par un détachement turc venu de Mossoul, quittent les hautes vallées du Zab, où ils étaient installés depuis des millénaires, pour se réfugier dans la plaine d'Ourmia. (...)

L'événement le plus important, entre la révolution de Février et celle d'Octobre, est, toutefois, l'autodémobilisation de l'armée du Caucase, qui fond complètement au cours de l'été et de l'automne 1917. La disparition des autorités russes donne l'occasion aux réfugiés arméniens de revenir dans leurs villages sous la protection des milices arméniennes, ce qui entraîne des actes de vengeance et les représailles des bandes kurdes. L'évolution de la situation militaire inquiète les Arméniens, mais aussi les chefs des missions militaires de l'Entente dans le Caucase. Ainsi, le plan du front chrétien, tenté par les Russes en 1914-1915, sera repris à une plus grande échelle par l'intermédiaire des attachés militaires alliés à Tiflis. Ce front doit comprendre les Grecs du Pont (région de Trabzon), les Géorgiens, les Arméniens et les Nestoriens de la région d'Ourmia.

A la mi-octobre, le général Barter, chef de la mission militaire britannique en Russie, propose à Londres l'envoi des conscrits arméniens dans l'armée russe (environ 130.000 hommes) au Caucase. Le chef d'état-major impérial britannique, W. Robertson, appuie la proposition et porte la question devant le cabinet de Guerre, demandant l'utilisation du plus grand nombre possible d'Arméniens au Caucase et au nord de la Perse et de proposer même à cet effet aux Etats-Unis d'y envoyer leurs immigrés arméniens. Le cabinet britannique accepte la proposition et télégraphie en ce sens à Washington. Entre-temps, le gouvernement provisoire russe, sous la pression des comités arméniens, prend des décisions en ce sens, qui sont interrompues par la révolution d'Octobre.

Celle-ci ne fait qu'accélérer les initiatives de l'Entente. Le chef de la mission militaire britannique à Tiflis, Offley Shore, contacte Antranik au mois de décembre. Celui-ci promet de lever 10 000 irréguliers en un mois et de doubler ce chiffre en trois mois s'il reçoit de l'argent, des armes et des officiers britanniques. Ces forces sont essentiellement destinées à la région sensible Van-Ourmia, où une coalition entre Antranik, Mar Shimoun et l'inévitable Simko est prévue. Celui-ci, invité par les agents britanniques à la mission protestante américaine du Dr. Shedd à Van, accepte de coopérer.

Plus au nord, le colonel Chardigny, représentant militaire français à Tiflis, écrit au métropolite grec de Trabzon, Chrysanthos, pour lui demander sa participation à une division grecque à créer entre Batoum et Trabzon. Chrysanthos, mesurant le danger, refuse poliment. (...)

Les Alliés ne lésinent pas sur les moyens, d'autant plus que dans le vide laissé par les Russes se trouvent les pétroles de Baku. Le cabinet de Guerre britannique autorise le 7 décembre A.J. Balfour, le ministre des Affaires étrangères, à financer les Arméniens avec les fonds de l'Intelligence militaire et demande, le 14 du mois, à Marling, l'ambassadeur à Téhéran, d'ouvrir aussitôt un crédit. La somme affectée par les Britanniques s'élève à 20 millions de livres sterling. La somme mise à la disposition du colonel Chardigny, lors du Comité de guerre tenu à Paris le 12 décembre, est de 20 millions de francs. Le 15, Londres informe Shore à Tiflis que les Géorgiens et les Arméniens sont autorisés à acheter des armes et autres matériels militaires aux Russes en retraite. Le mémorandum, préparé par deux membres du cabinet britannique, lord Milner et lord Cecil, et accepté le 22 décembre par Clemenceau, précise : « Finalement, nous sommes obligés de protéger, si possible, les Arméniens survivants, non seulement pour sauvegarder les flancs de nos forces mésopotamiennes en Perse et dans le Caucase, mais aussi parce qu'une possible union des Arméniens avec un Etat géorgien autonome ou indépendant sera la seule barrière contre le développement d'un mouvement touranien qui pourrait s'étendre de Constantinople à la Chine ». Le lendemain, un accord franco-anglais est signé : l'Ukraine, la Bessarabie et la Crimée sont placées dans la sphère d'influence française, les territoires cosaques, le Caucase et le Kurdistan dans la sphère britannique. Aussitôt Londres décide d'envoyer une mission militaire au Caucase. Ce sera la célèbre mission Dunsterville dont il sera question plus loin.

L'application de ce dispositif à la région d'Ourmia donnera des résultats catastrophiques. Ourmiya, ville de 30 000 habitants, dont un quart de chrétiens, est déjà sous pression avec l'arrivée des Nestoriens de Mar Shimoun. Le lieutenant français Gasfield, arrivé le 24 décembre en tant que représentant du colonel Chardigny, essaye de constituer quatre bataillons nestoriens avec les armes laissées par les Russes. Les Nestoriens utilisent leur armement pour piller la ville et attaquer les villages musulmans. Les Persans d'Ourmia se soulèvent en février, mais le soulèvement est noyé dans le sang. En mars, Mar Shimoun est assassiné par Simko et les Nestoriens se vengent cette fois sur les Kurdes des environs. En attendant les Turcs, la plaine d'Ourmia plonge dans l'horreur."


Celal Sayan, La construction de l'Etat national turc et le mouvement national kurde, 1918-1938, Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2002, p. 495 :


"La première opération contre les avant-gardes turques fut lancée en avril [1918], au sud de la plaine d'Urmiye. Les contingents d'Agha Petros lancés dans la bataille, qui étaient composés essentiellement des hommes de la tribu Cilu, emportèrent une brillante victoire qui étonna les officiers français. Mais vers le nord la menace des forces turques se faisait sentir plus clairement.

Cependant, les massacres et exactions commis par les Assyriens contre la population musulmane notamment contre les Kurdes étaient devenus insupportables et avaient mis les diplomates dans un grand embarras. Les Américains devinrent très hostiles aux agissements des Chaldéens ; massacres et pillages ne pouvaient que compromettre les intérêts de leur mission. Les membres de la tribu Cilu (Djilou) très en colère contre les Américains, reprochaient à ces derniers de protéger les musulmans en leur donnant asile."


Edward W. C. Noel, major des services secrets de Sa Majesté, rapport de 1919, cité par Stanford J. Shaw dans From Empire to Republic. The Turkish War of National Liberation, tome II, Ankara, TTK, 2000, p. 922 :

"Au terme de trois mois passés à sillonner la région occupée et dévastée par l’armée russe, ainsi que par ses supplétifs chrétiens, durant le printemps et l’été 1916, je n’ai aucune hésitation à dire que les Turcs pourraient présenter autant de charges valables contre leurs ennemis que ceux-ci n’en ont présentés contre les Turcs dans la lettre du colonel Agha Petro. Selon les témoignages quasi unanimes des habitants comme des autres témoins oculaires, les Russes, à l’instigation des Nestoriens et des Arméniens qui les accompagnaient, leur chef étant Agha Petro lui-même, tuèrent et massacrèrent sauvagement, sans distinction d’âge ni de sexe, tous les civils musulmans qui tombèrent entre leurs mains. Un exemple typique peut être fourni par l’anéantissement de la ville de Rowanduz, et le massacre général de ses habitants.

Alors que le colonel Petro peut citer des exemples isolés d’atrocités turques, celui qui voyage dans les districts de Rownaduz et Neri pourra trouver des preuves très nombreuses, systématiques, des horreurs commises par des chrétiens contre les musulmans. Il est difficile d’imaginer quelque chose de plus total, de plus complet. Je mentionnerai aussi que, selon le témoignage des populations kurdes, le colonel Agha Petros est le mauvais génie des Russes, et fut en grande partie responsable des excès commis par eux."


Voir également : Le massacre des Kurdes par les Arméniens et Assyriens

La culpabilité des Assyro-Chaldéens dans la répression coloniale contre les Kurdes

dimanche 13 février 2011

Egypte : soi-disant persécutés par les musulmans, les Coptes paradent sur la place Tahrir

Les coptes et les musulmans main dans la main sur la place Tahrir

06/02 16:44 CET
La Croix et le Coran réunis… Tout un symbole, celui de l’unité des chrétiens et des musulmans d’Égypte.

Les manifestants avaient appelé ce dimanche à une journée en hommage aux martyrs de la révolution égyptienne. Les musulmans et les coptes étaient donc main dans la main ce matin sur la place Tahrir pour prier et pour demander le départ d’Hosni Moubarak.

“L‘église a été soumise au même régime pendant 30 ans. Ce régime n’a pas changé, il a toujours utilisé avec l’Église la technique de la carotte et du bâton. Si l’on manifeste, on a des problèmes, le gouvernement nous pose des interdits”, explique Michael Mounir, dirigeant de l’association copte américaine.

Les coptes d’Égypte ont célébré une messe ce matin. Puis les musulmans ont prié à leur tour pour leurs compatriotes morts depuis le début de la contestation populaire. Depuis 13 jours, un vent d’unité souffle sur la place de la libération. C’est ce qu’explique cet homme de confession musulmane : “ Je dors sur cette place et mes amis chrétiens m’ont, à plusieurs reprises, couvert pendant la nuit pour que je n’ai pas froid. J’ai vraiment vu des choses étonnantes. Je veux dire ceci au Président Moubarak : l’unique bonne chose que vous ayez faite est d’avoir réussi à montrer au peuple Égyptien qu’il est uni”

Les visages des martyrs de la révolution faisaient la Une des journaux égyptiens ce matin. Selon un bilan officiel, 11 personnes seraient mortes depuis le début des émeutes. Mais l’ONU avance le chiffre de 300 morts.

Comment les coptes imaginent-ils la vie après Moubarak ?, de nos envoyés spéciaux au Caire

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Source : http://fr.euronews.net/2011/02/06/les-coptes-et-les-musulmans-main-dans-la-main-sur-la-place-tahrir/

dimanche 16 janvier 2011

De plus en plus de chrétiens irakiens se réfugient en Turquie, pays soi-disant "oppresseur"

Haunted by violence, Iraqi Christians flee to Turkey
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Sunday, January 16, 2011
ISTANBUL — Agence France-Presse

Terrorized by mounting extremist attacks, more and more Iraqi Christians are fleeing in panic to neighboring Turkey, among them lone minors sent away by desperate parents.

In Istanbul, a tiny Chaldean Catholic community has embraced the refugees, serving as their first point of shelter before the United Nations or local civic groups extend a helping hand.

The number of arrivals, available statistics show, has sharply increased since Oct. 31, when gunmen stormed a Baghdad church, killing 44 worshippers, two priests and seven security guards in an attack claimed by al-Qaeda's local affiliate.

"We saw many newcomers after the attack. We saw they had made no preparation and had no savings," said Gizem Demirci, an activist at the Association for Solidarity with Asylum-Seekers and Migrants.

"Moreover, we began to receive minors ... whose families are still in Iraq but had just enough money to send away a son or a daughter," she added without offering any specific figures.

The violence prompted an emergency summit by Iraq's top Muslim clergy in Copenhagen this week that issued a fatwa Friday that "condemns all atrocities against the Christians," said Andrew White, a participant and British vicar at St. George's Church in Baghdad.

The Shiite and Sunni religious leaders, who gathered at Denmark's initiative, urged Baghdad to criminalize inciting religious hatred and to "put the issue on the agenda of the next Arab Summit" to be held in the Iraqi capital in March, White told AFP in Copenhagen.

In Istanbul, among the newest refugees is 21-year-old Sandra, whose family fled Baghdad in mid-November, alarmed by the church carnage and ensuing threats by Islamist extremists. Christians represent less than 2 percent of the population in Muslim-majority Iraq.

"Some of our neighbors were killed in that attack," Sandra told AFP at the Chaldean Catholic Church in Istanbul. "At any time, it would have been our turn, the turn of our church."

Her father, a cook, made the decision to flee when the family felt the menace had reached their doorstep.

"We were at home with my mother and sister. At about 10:30 p.m., some men stormed in and made us lie down. They told us: 'Either you become Muslims or you go. Otherwise we kill you,'" Sandra recounted.

In her dreams, Australia is the final destination in a journey to a new life. Going back home is not even an option.

"Going back to what? Getting killed?" she grumbled.

For Israel Hannah, too, Iraq is now a lost homeland after an arson burnt down his grocery, destroying also any remaining resolve he had to stand strong and carry on.

The 61-year-old looks forward to a new start, probably in North America or Australia, as he already savors the little joys of tranquil life in Istanbul, where a modest, tiny flat accommodates his five-member family.

"You feel free anytime. You go to church at anytime on Sundays, or you visit this or that. We feel safe and we are thanking God," he said, still astonished at having celebrated Christmas in broad daylight, amid Muslim neighbors.

The Chaldean Catholic Archbishop of Istanbul is alarmed over the rising number of refugees, stressing they now come even from the country's relatively peaceful Kurdish-majority north that used to serve as a safe haven. But Archbishop Francois Yakan said some southern Iraqi Christians who had fled to the north no longer feel safe there, either.

According to church records, some 150 Christian families, or more than 600 people, arrived in Turkey in December, almost the same as during the whole of 2009.

"What worries us is that Christians in northern Iraq too are now scared. There are now people who come from Arbil, Zakho and Sulaimaniyah," the archbishop said, referring to three cities in Iraq's Kurdish region.

"These are people who lived in peace previously," he said.

For migrants' activist Demirci, the October bloodshed at the Baghdad church was the landmark event that fueled the exodus.

"They were scared and left just like that," she said of the Iraqi Christians.

Figures by the Turkey office of the U.N. High Commissioner for Refugees tend to confirm the trend: the number of asylum applications by Iraqi Christians has more than doubled in three months — from 183 in October to 428 in December.
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=haunted-by-violence-iraqi-christians-flee-to-turkey-2011-01-16

samedi 1 janvier 2011

Fanatisme ordinaire des chrétiens d'Orient : les pionniers des attentats-suicides au Moyen-Orient sont... des femmes chrétiennes

Sana'a Mehaidli et Norma Abi Hassan étaient membres du Parti social nationaliste syrien (PSNS), par ailleurs fondé par le Libanais grec-orthodoxe Antoun Saadé :

"17 Year old Christian (not religious) girl from south Lebanon, Sana'a Mehaidli, who conducted her operation (the first woman martydoom operaion) in April 9 1985 against a zionist convoy in south Lebanon.."

"Norma Abi Hassan 26 Years atthiest conducts operation in July 17 in a zionist army base killing ten zionist occupiers.."

"I don't know where you heard that Norma was an atthiest, i personnaly knew Norma, she came often to our place, we were far relatives and lived in the same street in the summer time, and she was a religious and practicing christian. So don't talk about her like you knew what you are talking about."

Source : http://www.shiachat.com/forum/index.php?/topic/234920898-christian-suicide-bombers/

Accroc au mythe misérabiliste : Yacoub Souleiman témoigne que les chrétiens ne souffrent pas plus que les musulmans en Irak

Yacoub Souleiman, Irakien de confession catholique, déclare dans une interview :

"Oui, toutes les minorités quelle qu’elles soient [sont touchées par les attentats]. Presque chaque jour des chrétiens de diverses obédiences, des yézides, des shabaks ou des mandéens sont assassinés et des attentats terroristes comme ceux de la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours ont déjà frappé les yézides, les Turcomans et bien d’autres.

D’ailleurs, la situation est telle que même ceux qui sont en Irak la majorité religieuse, à savoir les chiites, sont victimes d’attentats meurtriers dans leurs lieux de culte et de pèlerinage.

Tout cela donne une impression de chaos, mais quand on y regarde de plus près, c’est un chaos ordonné."

Source : http://www.geostrategie.com/2893/un-chretien-irakien-nous-ouvre-son-coeur-entretien-avec-yacoub-souleiman

A noter aussi ceci, qui n'est pas moins intéressant, s'agissant des Kurdes :

"(...) il y a au Kurdistan une volonté d’épuration ethnique, visant à chasser les populations non-kurdes afin de permettre aux autorités régionales semi-autonomes du Kurdistan de prendre le contrôle du gouvernorat de Ninive, de son importante capitale Mossoul et de ses richesse pétrolières. En font les frais les turcomans, les yézides, les assyriens, les shabaks, etc."

Evidemment, en tant que chrétien d'Orient sujet à des complexes d'infériorité (par rapport au prestige impérial ottoman et à l'oeuvre d'Atatürk), il ne peut s'empêcher de jeter un crachat fielleux sur la Turquie :

"Ce qui est paradoxal, c’est que les chrétiens subissent les conditions les plus dures dans les deux pays de la région qui sont les plus liés à l’Occident : la Turquie et Israël."

Basse calomnie infirmée par Mgr François Yakan, vicaire patriarcal des Chaldéens de Turquie :

http://www.famillechretienne.fr/societe/monde/chretiens-en-turquie-mgr-yakan-constate-une-ouverture-de-la-societe_t7_s36_d57661.html

(M. Yakan commet l'erreur d'affirmer que le nombre de chrétiens serait en décroissance continue en Turquie, or le nombre de sans-papiers arméniens et de réfugiés assyro-chaldéens d'Irak n'a fait qu'augmenter ces dernières années)

A noter que les chrétiens d'Orient ont pu parader en Turquie à l'occasion d'une grande messe "oecuménique" en 2007 :

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2006/12/22/01006-20061222ARTMAG90299-la_grande_messe_des_chretiens_d_orient.php