jeudi 2 février 2012

Alain Juppé critique le soutien criminel des chrétiens de Syrie à la dictature sanguinaire d'Assad

Moyen Orient et Monde
Alain Juppé à « L’OLJ » : Les chrétiens de Syrie collent totalement à un régime qui n’a pas d’avenir

Par Sylviane ZEHIL | 02/02/2012

Interview

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui est arrivé à New York pour prendre part à la réunion ministérielle du Conseil de sécurité consacrée à la Syrie, a indiqué hier à L’Orient-Le Jour que la France, l’Union européenne et les missions parlementaires restaient « attentives à la protection des minorités chrétiennes et des minorités religieuses en général. Nous sommes très vigilants en Égypte, en Irak – malheureusement ils ont fini par fuir –, naturellement au Liban et en Syrie », a-t-il insisté. Il n’a pas manqué de rappeler que le « message » sur ce plan-là est « tout à fait fort », qu’il en a fait une « des lignes rouges vis-à-vis de ces régimes ». Le ministre français en a profité pour lancer, par le biais de L’OLJ, un message en direction de « nos amis chrétiens de Syrie en particulier. Ce qui m’inquiète un petit peu, c’est la façon dont ils collent totalement au régime », les invitant à « réfléchir bien à l’avenir, car ce régime n’a pas d’avenir ».
Pour bien marquer cette volonté de respecter les droits des minorités, Alain Juppé a laissé entendre que « c’est aussi pour cette raison que la demande a été faite à l’opposition syrienne d’inclure des représentants des communautés chrétiennes ». Il a affirmé que la situation en Syrie est une menace pour la stabilité de la région « parce que l’on voit bien ses conséquences au Liban et en Turquie avec des milliers de réfugiés et aussi sur les relations avec l’Iran. C’est pour cela que le Conseil de sécurité est dans son rôle en se saisissant de la question », a-t-il dit.

Nécessité d’aller vite
Le ministre français, qui s’est rendu au siège des Nations unies pour « tenter de convaincre » le Conseil de sécurité de prendre toutes ses responsabilités « pour arrêter le massacre », a mis en garde contre « le risque très fort de déclenchement d’une guerre civile en Syrie ». Il y a toutefois l’espérance d’une « possibilité de sortie de crise ». Dans les prochains jours, il existe une chance « d’arriver à rapprocher les points de vue », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue à la Mission de la France en présence d’un petit noyau de journalistes français et francophones.


Alain Juppé a reconnu que le discours du représentant russe auprès de l’ONU, Vitaly Churkin, « n’a pas fermé complètement la possibilité d’une discussion ». La résolution marocaine comporte des « éléments intéressants et la Russie était prête à en discuter », a-t-il dit. Dévoilant la feuille de route pour les prochains jours, M. Juppé a assuré que « nos représentants permanents allaient se remettre au travail d’arrache-pied pour voir si l’on peut arriver à un texte consensuel ». « Il y a actuellement dix voix peut-être plus pour approuver cette résolution. Mais il faudra éviter le veto russe et les oppositions qu’il entraîne », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, Alain Juppé a rappelé que la situation en Libye était différente de celle de la Syrie. « En Libye, il y a une société civile plus homogène, constituée pour l’immense majorité de sunnites malékites ; en Syrie, il y a une forte minorité alaouite, une forte minorité chrétienne, des sunnites, des chiites, donc une société profondément divisée et le risque d’affrontement est évident. D’où la nécessité d’aller très vite, avec un grand thème : le changement de régime », a-t-il laissé entendre.


Prié par L’OLJ de dire si le Conseil national syrien reste crédible et si l’opposition syrienne avec une personnalité intellectuelle telle que Burhan Ghalioun ferait un bon leader pour l’après-Bachar el-Assad, Alain Juppé a indiqué que cette même question avait été soulevée pour la Libye. « Le CNS n’a pas encore fait ses preuves », a-t-il dit. Et d’ajouter avec espoir qu’ « aujourd’hui, il est vrai que l’unification, l’organisation de l’opposition est difficile. Elle a des tendances différentes. Il y a l’intérieur et il y a l’extérieur. Nous les appelons à se regrouper, à faire place aux différentes communautés, en particulier les chrétiens, les alaouites. Quant au choix de leurs dirigeants, il y aura des élections bientôt. C’est aux membres de ce conseil et aux Syriens eux-mêmes de prendre des décisions ».
Source : http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/743074/Alain_Juppe_a_%3C%3C+L%27OLJ+%3E%3E+%3A_Les_chretiens_de_Syrie_collent_totalement_a_un_regime_qui_n%27a_pas_d%27avenir.html

Voir également : Le général Daoud Rajha, un boucher chrétien-orthodoxe aux ordres de Bachar el-Assad