vendredi 24 février 2012

De la nécessité de civiliser les Coptes

Christophe Ayad, Géopolitique de l'Egypte, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 36 :

"En 1997, le Conseil national de la Population a publié les résultats d'une enquête qui a confirmé ce que tout le monde savait mais que personne n'osait dire à voix haute : 97 % des Egyptiennes (musulmanes comme chrétiennes) sont excisées et plus de 82 % des femmes jugent qu'il s'agit d'une « bonne tradition ». (...)

L'excision en Egypte est en fait un héritage pharaonique et non islamique. Elle n'existe d'ailleurs, dans aucun autre pays arabe, que ce soit au Maghreb ou au Machrek.
La pratique de l'excision, très courante en Erythrée, en Ethiopie et au Soudan, suit exactement le tracé de la vallée du Nil. Autre preuve de l'absence d'un facteur religieux : elle est aussi répandue chez les chrétiens que chez les musulmans. C'est plutôt le niveau d'éducation qui joue un rôle discriminant.

(...) toujours en 1997, le nouveau cheikh d'al-Azhar, Mohamed Sayed al-Tantawi avait estimé que rien dans le Coran ni la Sunna (la tradition des actes du Prophète) ne justifiait cette pratique. Le patriarche des coptes, Chenouda III s'est quant à lui toujours cantonné à un silence prudent. Finalement, à la fin de l'année 1997, le Conseil d'Etat a décidé d'interdire l'excision dans les hôpitaux privés et publics."

Voir également : Egypte : la pratique primitive de l'excision chez les Coptes

Consternante arriération culturelle des Coptes

Egypte : un musulman victime d'un crime d'honneur de la part de son beau-frère copte