vendredi 27 avril 2012

L'antisémitisme délirant et persistant des chrétiens d'Orient

jeudi 12 avril 2012
Chrétiens d'Orient : antisémites ?
La révélation récente de l'interdiction faite aux coptes par le Pape Shenouda III de venir en pèlerinage à Jérusalem m'a fait découvrir l'ampleur de l'antisémitisme chez les coptes d’Égypte. Cela m'a amené à rechercher des documents sur l'antisémitisme dans le monde Chrétien d'Orient. Et je viens de lire le passage suivant que j'ai adapté car il correspond précisément à mon ressenti sur le sujet. J'ai cherché et mis des liens vers les documents sources.

Du blog Progressive Zionism
Les Chaldéens sont appelés par de nombreux ethnologues "Assyriens" se considèrent comme les véritables descendants des civilisations Sumérienne et Akkadienne. Les Coptes d’Égypte sont le chaînon le plus direct vers le passé de cet ancien pays, il parlaient encore l’égyptien il y a encore quelques siècles. Les chrétiens de Syrie sont passés du statut de majoritaires à une minorité précaire qui s'attend à des persécutions si Bachar Al Assad tombait. La moitié des chrétiens ont fui l'Irak, au Liban leur situation se dégrade, en Turquie leur nombre ne cesse de s’amenuiser au fil des décennies.
Compte tenu de leurs fascinantes origines très anciennes, de leur ténacité pour s'accrocher à leur culture et à leurs traditions, et de leur position de minorité précaire, persécutés par la majorité musulmane, j'avais supposé que les chrétiens du monde arabe seraient des alliés naturels des Juifs du Moyen-Orient. Ou du moins plus modérés dans leur opposition.

Maintenant, mes pérégrinations sur la toile m'ont conduit à quelques citations fascinantes et troublantes, rapportées dans cet article sur le site Web du Centre Simon Wiesenthal. Il semble que certains chefs religieux chrétiens au Moyen-Orient cherchent à surpasser leurs voisins islamistes dans la haine des Juifs et à l'incitation à la violence contre eux.

a) Il y a bien sûr l'accusation absurde de la conspiration tirée du faux Tsariste : "Les Protocoles des Sages de Sion" :


George Saliba - évêque de l'Eglise syriaque orthodoxe au Liban - quand un journaliste de la chaîne  Al-Dunya  (diffusé le 24/7/2011 et capté par MEMRI) , lui a demandé qui était derrière le printemps arabe, a répondu : "la source ... derrière tous ces mouvements, toutes ces guerres civiles, et tous ces maux" dans le monde arabe n'est rien d'autre que le sionisme, "qui est profondément enraciné dans le judaïsme." Les Juifs, dit-il, sont responsables du financement et de l'incitation à l'agitation en conformité avec les Protocoles des Sages de Sion.


b)"Si c'est mauvais c’est la faute des Juifs"

Le 31 octobre 2010, le monde a été choqué par l'attentat horrible contre une église de Bagdad qui a fait 58 morts et 67 blessés. Malgré le fait que les fanatiques musulmans avaient posté des menaces sur Internet pendant des semaines avant le massacre, le Patriarche  Grec-Melkite Grégoire Laham III  a déclaré au journal libanais en anglais  The Daily Star le 6 décembre 2010, que : " les assaillants terroristes ne sont certainement pas les musulmans, mais sans doute ceux qui sont formés et supervisés "par le sionisme mondial." Ils faisaient partie d'un "complot sioniste contre l'islam", a déclaré le leader chrétien, ajoutant que, "Tout ce comportement n'a rien à voir avec l'Islam ... mais c'est en fait une conspiration planifiée par le sionisme ... et "est aussi un complot contre les Arabes et le monde arabe à majorité musulmane, qui vise à dépeindre les Arabes et les musulmans dans les pays arabes comme des assassins terroristes et fondamentalistes ... "


c) Et même la vieille accusation de peuple déicide

Ici nous avons besoin d'un peu d'histoire. C'est l'extrait d'un article- "Après le Samedi, le Dimanche" - par le professeur d'histoire de l'université de Carleton (Canada) Paul Charles Merkley : En 1967, avec la promulgation de l'encyclique Nostra Aetate, l’Église catholique romaine a répudié la notion de culpabilité collective du peuple juif pour la mort de Jésus. Avec ce document, l'Église catholique romaine s'est rétractée et a répudié tous les enseignements précédents et présents qui ont justifié la désignation des Juifs comme les «assassins du Christ» [ ou peuple déicide] , et a entrepris de procéder à "la réconciliation avec nos frères, les Juifs." Il faut dire que l'église catholique romaine a prouvé son sincère dévouement à ce changement théologique.


Cependant, les Églises du Moyen-Orient étaient furieuses contre cette «nouvelle doctrine» disculpant les Juifs. Elles ont accusé le Vatican de trahir la théologie historique pour s’accommoder avec la pensée laïque libérale. À ce jour, les dirigeants du Conseil des Églises du Moyen-Orient ont blâmé cette déviation de l’Église catholique romaine de l'enseignement traditionnel de mépris pour les assassins du Christ. Ils considèrent que cela encourage les sionistes. Cela est non seulement vrai de ces dénominations présentes au Moyen-Orient, qui ce sont séparées des Églises européennes sur des questions de dogme et de la liturgie, c'est également vrai dans une certaine mesure des évêques catholiques romains et de leurs congrégations dans la région, ceux-ci ont montré une résistance considérable à la promulgation de l'enseignement de Nostra Aetate.

Alors que le Vatican n'a jamais renié ce nouvel enseignement public, en réalité, les églises du Moyen-Orient de toutes les confessions - catholique romaine, protestante, orthodoxe et d'autres ont évité d'exposer publiquement les doctrines promulguées par cette encyclique. Ceci pour éviter une confrontation avec les Églises d'Orient, tant elles ont déstabilisées par la véhémence de la réaction de ces dernières.

De même, dans l'intérêt de la «fraternité» avec les églises du Moyen-Orient, le Conseil œcuménique des Églises a minimisé la portée de ces déclarations officielles (Nostra Aetate) de l'Église catholique romaine.

Fin du rappel historique.


Le Chef de l'Église copte, le pape Chenouda III d'Alexandrie a affirmé à la télévision  égyptienne que les Églises d'Occident ont eu tort d'exonérer les Juifs pour la crucifixion de Jésus-Christ et a critiqué les récentes déclarations des excuses pour l'antisémitisme chrétien.

Dans une interview à la télévision égyptienne (Dream 2, le 8 Avril 2007, rapporté par George Conger, le 21/5/2007 sur le site "religious intelligence"), le journaliste a demandé au Pape Shenouda III si l’Église copte suivrait l'exemple des Églises chrétiennes occidentales. Shenouda a répondu que les Églises chrétiennes n'avaient "rien fait qui justifie des excuses", ajoutant qu'il croyait que les excuses ont été "faites pour sauver les apparences". Interrogé pour savoir si les Juifs étaient les "assassins du Christ", responsables de la crucifixion, Shenouda a déclaré : "Le Nouveau Testament dit qu'ils le sont ", et a demandé ironiquement si le Vatican était "contre les enseignements du Nouveau Testament"? Shenouda a déclaré qu'il avait interdit aux Coptes de se rendre en visite en Israël, de peur qu'ils "soient influencés par les médias israéliens, et nous ne pourrons empêcher cela. Qui sait avec quelles idées ils reviendraient ? "


A nouveau en 2007, le Pape Shenouda III (de l'Eglise copte égyptienne) a dénoncé  les Églises occidentales pour avoir exonéré les Juifs pour la mort du Christ. Les Juifs étaient les "assassins du Christ", car "le Nouveau Testament dit qu'ils le sont."


Le Pape Shenouda s'est même plongé dans la haine pathologique d'Israël :

Le 18 novembre 2000 dans le journal égyptien Al Ahrar : "Les Juifs sont un peuple maudit qui a du sang des palestiniens sur les mains."

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Maintenant, bien sûr, il est possible de trouver des citations terribles d'un peu partout, contre à peu près n'importe qui, mais dans ce dernier cas, nous parlons du Pape Copte, un homme qui a dû vivre en exil pendant plusieurs années en raison de la persécution par le régime égyptien.

Ce qui m'amène à une hypothèse intéressante :

On pourrait penser que cette vague apparente de la démesure en ce qui concerne Israël et les Juifs de la part de ces dirigeants arabes chrétiens est le résultat de leur situation précaire dans leur propre pays, où ils se sentent le besoin de prouver leur solidarité avec la majorité qui les cerne et anticiper les accusations inévitables qu'ils sont potentiellement la cinquième colonne de l'Ouest et/ou des sionistes . Ou que c'est le résultat de baigner dans un environnement de propagande constante anti-israélienne et anti-juive.

Mais surtout les commentaires du Pape Shenouda évoquent une ancienne sorte d'antisémitisme, plus spécifiquement chrétienne.

Les Juifs comme les assassins du Christ, ce n'est pas un concept ni venant, ni résonnant avec l'antisémitisme de style arabe ou musulman. Il est possible que nous assistions à un sinistre fusion de l'ancien antisémitisme chrétien avec l'antisémitisme à base ethnique contemporaine.

Le discours dans le monde arabe envers les Juifs et Israël est devenu toxique. Il est grand temps, non seulement pour les musulmans mais aussi pour les chrétiens, de changer.
Source : http://observatoiredumoyenorient.blogspot.fr/2012/04/chretiens-dorient-antisemites.html

vendredi 20 avril 2012
Antisémitisme des Eglises d'Orient : la source n'est pas musulmane
Il est révélateur que les minorités non-musulmanes qui ont souffert de discrimination et de violence de la part des islamistes - y compris les Yézidis, les Mandéens et Baha'is - n'ont jamais accusé les Juifs ou le sionisme de persécution ; leurs religions n'ont pas mené à des doctrines antisémites.

Le cas de la communauté baha’ie est particulièrement important car, en raison du centre mondial de la religion situé à Haïfa, des accusations de collaboration avec Israël peuvent facilement être portées contre les baha'is. Pourtant, la Maison Universelle de Justice ne s'est jamais plainte d'un complot juif/sioniste contre les communautés baha'ies en Iran et dans la région. Elle a toujours préféré, à juste titre, lier le problème à l'application de la loi islamique traditionnelle sur la condition des non-musulmans et la punition de l'apostasie, en même temps que les attitudes de suprématie raciale favorisées par la promotion de la charia.

En fin de compte, l'antisémitisme parmi les chrétiens du Moyen-Orient à l’égard peuple juif dans son ensemble est établi sur la participation au déicide (i. e. la mise à mort de Jésus). Comme l'a dit Mgr Saliba : "les conspirations juives sont «toutes naturelles» puisque les Juifs ont remercié le Christ de ses miracles en le crucifiant".
Il est encore plus significatif que le Pape Shenouda III de l'Église copte orthodoxe a fustigé les églises occidentales pour avoir exonéré les Juifs de la mort du Christ, dans une interview télévisée du 8 avril 2007. Il a fait valoir que : les Juifs étaient les « assassins du Christ », car « le Nouveau Testament affirme qu'ils le sont ».

Il est clair, qu'en général, les Églises orientales ne sont pas encore allées au-delà de ces motifs antisémites malsains et désavoués par le Vatican dans sa déclaration Nostra Aetate publiée en 1965, après le Concile Vatican II.

Si l'antisémitisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord doit être éradiqué, la charge de la réforme théologique ne peut évidemment pas être une tâche réservée aux seuls musulmans.
Source : http://observatoiredumoyenorient.blogspot.fr/2012/04/antisemitisme-des-eglises-dorient-la.html

Voir également : L'accusation de crime rituel : l'antisémitisme calomniateur et lourd de conséquences des chrétiens d'Orient

L'antisémitisme maronite : les cas significatifs de Neguib Azoury et de Richard Haddad

Le rôle des chrétiens d'Orient dans le terrorisme tiers-mondiste arabe

En finir avec la vision idyllique du Liban chrétien