jeudi 2 avril 2015

L'aveu de l'assistante parlementaire de Valérie Boyer : "Il y a très peu d’informations sur le sujet [du "génocide" des Assyro-Chaldéens]"

Copié-collé
30/03/2015 à 18h54
Une députée UMP pompe Wikipédia dans une proposition de loi
David Perrotin | Journaliste Rue89

Mis à jour le mercredi 1 avril 2015 à 17h05

La députée UMP Valérie Boyer semble avoir oublié le b.a.-ba du plagiat : supprimer les traces après avoir copié-collé un texte sur Internet.


Le 11 mars dernier, quinze élus de l’opposition ont déposé une proposition de loi pour que la France reconnaisse publiquement le génocide assyrien perpétré pendant la Première Guerre mondiale. Et qu’elle commémore chaque année, le 24 avril, la mémoire des victimes.

Grillée par les liens

Mais dans le document mis en ligne sur le site de l’Assemblée nationale, un élément surprenant interpelle le lecteur : pas moins de 16 liens renvoient vers des pages Wikipédia.

Les parlementaires UMP assumeraient-ils (enfin) les vertus de l’encyclopédie en ligne ? Pas vraiment.

Comme l’a souligné l’assistant parlementaire EELV Pierre Januel, l’exposé des motifs de ce texte législatif a été pompé sur Wikipédia. Et l’élue a oublié de supprimer les liens renvoyant vers d’autres pages du site collaboratif.


Plusieurs passages de ce texte correspondent en effet à l’entrée Génocide assyrien. On retrouve notamment ce paragraphe entier.

 « Valérie Boyer n’a pas honte de faire ça »


Contactée par Rue89, le cabinet de Valérie Boyer admet immédiatement s’être largement inspiré d’Internet. Son assistante justifie :

    « Il y a très peu d’informations sur le sujet, donc la députée a pris des parties sur Wikipédia. Mais nous avons fait vérifier les passages et les dates par Alain Cabras [maître de conférences à l’université Aix-Marseille III]. »

En réalité , Alain Cabras précise à Rue89 qu’il ne s’est pas « véritablement penché sur l’aspect historique » :

    « J’ai surtout vérifié la cohérence du texte et je me suis assuré que les propositions politiques étaient possibles. Mais je suis navré, je n’ai pas vérifié les dates. »

Le cabinet de Valérie Boyer ajoute toutefois avoir demandé l’avis de Joseph Yacoub [spécialiste des minorités ethniques et professeur à l’université catholique de Lyon] pour contrôler la véracité des précisions historiques. Son assistante confesse :

    « C’est vrai que nous aurions pu réécrire le texte, mais bon... Valérie Boyer n’a pas honte de faire ça puisqu’il n’y a pas beaucoup d’informations sur le sujet. »


Une autre bourde après un copié-collé

En fouillant un peu ses autres textes déposés à l’Assemblée, nous n’avons pas trouvé d’autres plagiats. Mais sur sa réserve parlementaire, une mention (également repérée par un twittos) pourrait être aussi le résultat d’un malheureux copié-collé.

Comme pour tous les députés, la liste détaillée des associations ayant reçu une subvention a été publiée. Sauf que l’élue a été un peu vite puisqu’elle a oublié d’effacer le terme « cassos » (pour cas sociaux) à côté de l’ASCS Forbin, une association sportive de Marseille.

Capture d’écran de la réserve parlementaire de Valérie Boyer

Amusé, le cabinet de la députée jure que ce n’est pas un commentaire désobligeant pour qualifier l’ASCS Forbin :

    « Nous ne sommes pas fous, nous n’aurions pas laissé un tel commentaire. »

Pas de chance pour Valérie Boyer, nous avons réussi à joindre un responsable de l’ASC Forbin. S’il ne se montre pas choqué par ce qualificatif, il confirme toutefois nos doutes :

    « Non, notre association c’est Forbin, pas “cassos”. Je ne sais pas pourquoi il y a ce nom. Peut-être parce qu’à Marseille, on emploie souvent ce mot pour parler des jeunes en difficulté. »

Très remonté, le cabinet de la députée a rappelé Rue89 ce mardi pour demander une modification.

Le président de l’ASCS Forbin et la députée assurent que « cassos » est un collectif rattaché à l’association. Mais ils n’ont aucun document pour le prouver. Seul un compte Facebook existe avec des posts parfois très... sulfureux (voir ci-contre).
Source : http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/30/deputee-ump-pompe-wikipedia-proposition-loi-258444

Sur cette question, on lira plutôt : Deux criminels de guerre assyro-chaldéens de la Première Guerre mondiale : le patriarche Mar Shimoun et le "général" Agha Petros

Le massacre des Kurdes par les Arméniens et Assyriens

Les violences durant la désagrégation de l'Empire ottoman, selon l'historien allemand Christian Gerlach

La culpabilité des Assyro-Chaldéens dans la répression coloniale contre les Kurdes

Voir également : Le "modèle" répressif arménien et dachnak importé en France par Valérie Boyer

Le Conseil constitutionnel repousse les ingérences liberticides d'un ethno-nationalisme étranger en France

Réserve parlementaire et clientélisme : les sommes pour l'année 2014